S’inspirer des start-up à succès

Bien que j’aime l’idée d’être un grand lecteur qui sait tirer avantage de ses lectures, je n’en suis pas un. Toutefois, j’essaie de l’être. Certains livres en particulier, lorsque tu tombes dessus, te donnent davantage le goût de lire et surtout de passer de la théorie à la pratique. Le livre qui va être au centre de ce présent article en est un. Il m’a fait faire des « wow! » à de multiples reprises. Plus que cela , j’ai réalisé davantage à travers sa lecture une réalité fondamentale. Vous savez! Lorsque l’idée de se lancer dans une aventure entrepreneuriale vous effleure l’esprit et que pourtant on se retient de s’y lancer par peur que trop de personnes sont dans le domaine et que c’est perdu d’avance. C’est une réalité que Grant Cardone, entrepreneur américain à succès évoque dans son livre La règle du 10X: la seule différence entre le succès et l’échec. Dans la version française de ce livre, Cardone consacre le chapitre 5 à cette réalité qu’il nomme : « Le succès n’est jamais en pénurie ». Il n’est d’ailleurs pas le seul à aborder cette notion de l’accessibilité du succès à tout le monde car un autre grand auteur à succès, Stephen R. Covey s’est évertué à nous en faire prendre conscience dans son célèbre livre Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent. Covey appelait cela la mentalité de l’abondance, soit qu’« il y en aura assez pour tout le monde et même davantage ». Ce qui a renforcé ma croyance en cette réalité dans le livre d’Adrien Tsagliotis se traduit par la somme de tout ce qui se trouve dans la liste que je vais vous inviter à prendre le temps de consulter avant de revenir sur le présent article. Allez-y, il n’y a aucun piège. Consulter le lien. C’est gratuit 🙂.

Si vous avez déjà consulté cette fameuse liste on peut continuer. L’ idée en arrière de cette liste épaisse est celle ci. Quand vous vous rendez compte du grand nombre d’entreprises à succès qui s’y trouvent, du grand nombre d’entrepreneurs/intrapreneurs à succès qui s’y trouvent, du grand nombre de concepts réussis qui s’y trouvent, du grand nombre de livres best-sellers qui s’y trouvent et que vous réalisez en plus de tout cela ne représente qu’une infime partie de tout ce qui a réussi et qui réussira, il me semble que la logique vous pousse à vous demander ce que « vous », vous faites dans tout cela. En ce qui me concerne, je me pose sérieusement la question. Chose plus remarquable, si vous découvrez l’existence des éléments de cette liste à travers une lecture complète du livre même en question, vous prendrez également conscience du potentiel « illimité » qu’a le monde à accueillir une entreprise et à la faire réussir. Les idées fusent de partout. Il y en a même qui vous paraîtront farfelu, mais elles ont réussi (aussi fou que cela puisse paraître). Maintenant que je vous sens assez prêt pour m’accompagner une fois de plus dans une aventure palpitante, allons découvrir tranquillement pas vite (expression québécoise que j’affectionne particulièrement) les tréfonds de S’inspirer des Start-up à Succès 2e Éd., le livre inspirant du journaliste français Adrien Tsagliotis.

Attachez les ceintures car ça va décoller. De Ben Silbermann (Pinterest), en passant par Brian Chesky (Airbnb) à Travis Kalanick (Uber), on aura énormément à apprendre. Ce que je retiens personnellement, c’est que, quand nous voulons quelque chose, après avoir déterminé ce que nous avons à faire pour l’obtenir, faisons-le. Tout simplement; peu importe le temps et l’énergie que cela prendra. Du moment où les sacrifices engagés sont en accord avec nos principes de vie, on ne pourra que gagner au bout du compte. En fait, dites-vous que si vous connaissez un entrepreneur à succès que pour ses bons coups, vous ne le connaissez pas assez pour vous inspirer pleinement de son exemple. C’est surtout dans l’envers du décor que sont enfouis les trésors les plus précieux à dénicher dans leur grande expérience entrepreneuriale.

Conseil numéro 1: Créer comme Pinterest

En effet, Adrien Tsagliotis ne cite pas tout simplement Ben Silberman. Il nous le réfère. Il nous le présente comme un modèle. Vous savez! Personne n’aime entendre la phrase «Ça commence mal». Alors Ben Silberman et ses partenaires Evan Sharp et Paul Sciarra (tous cofondateurs de Pinterest), à travers leurs expériences nous montre la voie pour ce qui de démarrer une entreprise. Avant de nous lancer dans une présentation plus structurée de leur démarche j’aimerais vous faire part de la déclaration d’Evan Sharp en 2013 à l’adresse d’Adrien Tsagliotis:

Nous n’avons pas conçu Pinterest avec l’idée d’en faire une grande entreprise, nous l’avons développé avant tout pour nous-mêmes et c’est sûrement pour cette raison que ça a marché.

<p class="has-text-align-justify" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">N'est-ce pas une déclaration surprenante pour des individus qui sont devenus pas millionnaires mais milliardaires? C'est mon opinion 😉. Passons à quelque chose de plus objectif si vous préférez.N’est-ce pas une déclaration surprenante pour des individus qui sont devenus pas millionnaires mais milliardaires? C’est mon opinion 😉. Passons à quelque chose de plus objectif si vous préférez.

Pour Pinterest, tout commence par une idée organique: une idée qui résout un problème que les futurs fondateurs eux-mêmes rencontrent. Ils voulaient juste régler un problème qui les affecte personnellement. Sahil Lavingia, un autre entrepreneur à succès, qui lui est d’ailleurs friand des idées organiques a déclaré: « Dans tous les cas je sais qu’il y aura toujours au moins un utilisateur de mon produit : moi. » Toutefois, trop d’idées mises ensemble ne feront pas forcément bon ménage. C’est ce qui se traduit par la notion d’unité atomique que Fred Wilson définit par l’objet le plus fondamental d’un produit. Juste pour rendre cela plus clair, l’unité atomique d’Instagram, c’est la photo et celui de LinkedIn c’est le CV. Aussi simple que cela. Le meilleur conseil d’ Adrien Tsagliotis à cette étape est ceci:

Résoudre un problème que l’on rencontre soi-même permet souvent de mieux comprendre les attentes des futurs clients et donc d’obtenir davantage de chances de développer un service que des gens voudront réellement utiliser. L’inverse explique malheureusement souvent l’échec d’une start-up.

La notion sur laquelle enchaîne Tsagliotis est très populaire. Toutefois, à quelle point la comprenons-nous véritablement. Il s’agit de l’innovation. Ah! L’innovation! D’aucuns me diront. Vous connaissez probablement la maxime qui dit: «Tout ce qui brille n’est pas or. » Que diriez-vous de «Tout ce qui brille n’est pas innovation. » Moi ça me convient bien. La raison? En fait, lorsque nous entendons « innovation », on dirait qu’on commence à cligner des yeux comme si une lumière à trop forte intensité venait de nous brouiller la vue l’instant de quelques secondes. Il faut noter que l’innovation rime encore mieux avec subtilité. Pour cause beaucoup pensent peut-être que Pinterest n’est qu’un autre réseau social parmi tous ceux qui existaient avant lui. Mais regardons un peu plus dans les détails. L’extrait ci-dessous vous donne une idée de ce en quoi Pinterest est une innovation comparée aux autres réseaux sociaux qui l’ont précédé.

En fait, Ben Silbermann, Evan Sharp et Paul Sciarra ont probablement réussi à résoudre l’un des plus gros problèmes auxquels se sont confrontés nombreux designers web ces dix dernières années : le mode de navigation des sites souvent peu adapté à la découverte d’images. Alors qu’un site web est, par défaut, organisé en différentes catégories ou menus obligeant ainsi un utilisateur à faire des allers-retours entre les pages –, Pinterest fait au contraire de sa page d’accueil le point central de son système de navigation.

Pour plus détails (Zappos et ShoeDazzle : deux modèles d’innovation…) je vous invite vivement à vous procurer le livre. Ne le prenez pas mal 😃. Ce livre a tous les mérites de se trouver dans votre bibliothèque :).

Avant de continuer j’aimerais savoir si la phrase suivante vous intrigue ou si plus encore vous êtes en total désaccord avec elle. « Ne pas (toujours) donner à l’utilisateur ce qu’il veut. » Si vous voulez savoir mon point de vue, je suis totalement en accord avec cette phrase du moment ou le « toujours » est bien au chaud entre deux bonnes parenthèses que j’ai pris le soin de mettre pour que ça ne vous échappe pas. En fait, ce qu’il faut surtout comprendre ici, c’est que dans bien des cas, en tant qu’entrepreneur, il est essentiel de ne pas céder à certaines  »caprices de clients » pour, comme le dira Travis Kalanick, « se concentrer sur ce que vous faites le mieux et ensuite faire des liens vers le reste ». Tsagliotis renchérit en mentionnant: « … à vouloir résoudre trop de problèmes, il est fréquent de finir par n’en résoudre aucun. »

Qui dit concentration dit certainement précision. La réciproque est peut être encore plus pertinente. Imaginez qu’on vous soumette au test psychométrique suivant:

Choisissez l’intrus dans la liste suivante:

  • Concentration
  • Précision
  • Timing
  • Chance

Personnellement, je choisirai comme intrus le mot Chance car il est le moins susceptible d’avoir un lien avec tous les autres mots. Pourtant parmi les points clés évoqués dans le livre d’ Adrien Tsagliotis on peut trouver celui-ci: « L’importance du timing et du facteur chance. » Contradiction me diriez-vous peut-être. Le plus intrigant de tout cela c’est que les fondateurs d’entreprises à succès qui évoquent la chance comme ayant fait partie de leurs merveilleuses rencontres lors de leur aventure entrepreneuriale sont plus nombreux que vous pouvez l’imaginez. Après tout, ne définit-on pas la chance comme la « rencontre entre l’opportunité et la préparation? » Ce qui ferait donc du  »timing » un super bon allié. J’espère que personne n’a compris  » rester dans l’inaction en attendant que la chance nous tombe dessus.  » J’ai confiance en votre bon jugement 😉. Une seule anecdote ne suffirait pas normalement pour attester de la pertinence de prendre en compte le facteur chance, mais je vous la raconte quand-même. C’est un extrait du livre d’ Adrien Tsagliotis à propos d’un témoignage de Sergey Brin, cofondateur de Google et de sa compagnie mère Alphabet.

L’anecdote racontée par Sergey Brin à l’occasion de l’événement « Solve for X » de Google est également révélatrice de l’importance d’un bon timing. Encore étudiant, il a l’idée de réinventer la manière dont on commande une pizza et développe un programme qui lui permet d’envoyer sa commande directement par fax à un restaurant. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. La pizza n’arrive pas et son ventre commence à crier famine… Sergey se décide alors à appeler la pizzeria pour s’informer du traitement de sa commande. La personne au bout du fil lui explique que ce n’est pas dans les habitudes du restaurant de consulter régulièrement son fax. En clair, sa commande n’a pas été traitée. Le jeune étudiant
comprend immédiatement que son idée ne fonctionnera pas si cette habitude est partagée par beaucoup d’autres gérants de pizzerias. Sergey Brin admet avoir eu de la chance que son fax n’ait pas été lu par le restaurateur ce jour-là.
« J’aurais pu investir beaucoup d’énergie dans la commande en ligne de pizzas», plaisante-t-il.
Grâce au développement du web, ces habitudes ont peu à peu évolué. Commander une pizza sur Internet est aujourd’hui devenu une réalité. Le timing de Sergey Brin n’était, à l’époque, tout simplement pas bon.
Quelque temps plus tard, le hasard voudra que Brin rencontre Larry Page, avec qui il cofondera un certain moteur de recherche du nom de Google.

J’espère vous avoir convaincu du fait que la chance (rencontre entre la préparation et l’opportunité) joue et continuera de jouer un rôle essentiel dans l’accomplissement de nombreuses idées d’entreprises. Toutefois, pour appliquer la recette complète de création d’entreprise comme Pinterest, vous gagnerez une valeur inestimable à tisser des liens forts avec les premiers utilisateurs de votre produit ou de vos services. En fait vous n’avez pas le choix. Croyez-le ou non, il se peut que vous n’ayez pas besoin d’action marketing formelle si vous bénéficiez véritablement du buzz positif de vos premiers utilisateurs. Ne sous-estimez pas le puissant effet de la toile de bouche à oreille qu’il peuvent tisser autour de la réputation que vous désirez bâtir pour votre entreprise. Parlant de réputation, donnons la chance à Airbnb, une entreprise pour laquelle j’avoue avoir beaucoup de respect et d’admiration (du point de vue purement entrepreneurial), nous partager son expérience pour s’en bâtir une bonne, et cela contre vents et marrées.

Conseil numéro 2: Exécutez comme Airbnb

Un jour quelqu’un m’a dit: « Même quand on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il sait courir». Reconnaissons-le, Airbnb a une forte communauté dévouée et attachée à l’image de la compagnie. Il n’en demeure pas moins que Airbnb a aussi des « Haters« . Peu importe la perception qu’on a de Airbnb, on ne serait absolument pas crédible de soutenir un quelconque manque de savoir-faire ou de compétence de sa part. C’est une compagnie qui a démontré et ne cesse de démontrer qu’elle en « a dans le ventre« . Je vous suggère vivement la lecture du livre qui m’a  » obligé  » à planifier ma première réservation sur Airbnb alors qu’auparavant certaines histoires d’horreurs liées à quelques réservations sur la plateforme m’en avaient totalement dissuadé. C’est le livre Airbnb Story: Comment trois jeunes ont disrupté un secteur, gagné des millions… et créé la polémique de Leigh Gallagher, journaliste et femme d’affaires.

Ceci étant dit, la démonstration de force et de talent dont fait preuve Airbnb a été décortiqué très soigneusement par Tsagliotis. La force de Airbnb est effectivement de passer à l’action et ceci sans ménagement. Tsagliotis explique en quatre volets comment Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Bletsarczyk ont fait d’un rêve une réalité hallucinante.

Primo: Améliorer le produit grâce à la communauté. Personnellement, j’ai du mal a parler de client pour désigner un utilisateur des services de la plateforme de Airbnb. Les mots qui me viennent le plus naturellement à l’esprit sont hôtes ou visiteurs. Des mots qui n’évoquent rien d’autre que l’hospitalité dans sa pure nature. Ce que Airbnb a su faire de ces hôtes et visiteurs, c’est de bâtir une histoire commune avec eux de telle manière qu’aujourd’hui ils constituent une Communauté forte et fière. L’une des raisons fondamentales de cette réussite est le fait que dès le début de l’aventure Brian Chesky, l’un des cofondateurs a fait tout ce qu’il était naturel de faire pour se mettre dans la peau de ceux qui allaient devenir membres de sa communauté. Il s’est présenté dans un premier temps comme CEO sans domicile fixe. En fait, il allait passé tout son temps à vivre dans des logements Airbnb. Ce qui allaient non seulement lui permettre de comprendre ce que ça faisait d’être visiteur , mais encore, d’ être le plus proche possible de la réalité des hôtes. Dans le cas d’Airbnb, cela leur a permis de se rendre compte de toute la valeur ajoutée qu’ils apportent aux hôtes. Chesky a vite compris qu’il contribuait à aider de nombreux hôtes à arrondir leur fin du mois et que pour certains encore, les revenus générés par la location de leur logement en partie ou en totalité, leur permettaient d’éviter l’expulsion pour défaut de paiement de l’hypothèque. Cet argument va bien lui servir lorsqu’il sera temps de mener de grosses batailles juridiques, pas seulement contre des particuliers mais plus encore contre de grandes instances politiques. Selon Paul Graham, investisseur en capital risque et cofondateur de Y Combinateur (qui a d’ailleurs accueilli le projet Airbnb dans son portefeuille dès ses premiers pas), il est très important de profiter des débuts de l’entreprise pour aller à la rencontre de ses clients. C’est primordial, car cet exercice devient beaucoup plus difficile lorsque l’entreprise a atteint une taille relative grande qui l’empêche d’approcher individuellement ses membres. Se reposer sur sa communauté initiale comme levier vous permettra entre autre de développer une culture d’empathie (vos membres vous le rendrons au centuple, croyez-moi), de tester, d’observer et de corriger votre produit/service grâce au feedback des membres, et enfin d’impliquer la communauté (les membres seront encore plus enclin à adopter le produit/service s’ils sentent qu’ils contribuent à la bâtir et à l’améliorer. Toutefois, il en faudra encore plus pour agrandir la communauté et renforcer le sentiment d’appartenance de ses membres.

Secundo: S’immiscer dans le quotidien de ses clients. Ici il ne s’agit pas d’espionner vos clients ou d’épier leurs faits et gestes. Ils n’apprécieront certainement pas. Il s’agit plutôt de faire partie du quotidien de vos clients de la meilleure manière qui soit. Dans le cas de Airbnb, Tsagliotis mentionne le fait que la compagnie voudrait faire en sorte que la plateforme ne se résume pas uniquement à un site transactionnel. De nombreuses fonctionnalités ont permis à ce que le site serve à autre chose que de louer un logement auprès d’un particulier. Vous pouvez par exemple aller sur Airbnb juste pour satisfaire le plaisir de vos yeux en visionnant de belles places dans le monde entier, ou pour vous inspirer en terme de décoration en utilisant certaines astuces vues sur l’affichage de certains logements en location. Ce n’est que des exemples parmi tant d’autres qui atteignent le but visé de Airbnb qui est de faire partie du quotidien de ses membres.

Tertio: Transformer son modèle de revenus en atout. Une manière bien traditionnelle de penser est que si un produit est utile et qu’il est abordable les individus qui en ont besoin paieront pour l’avoir. Malheureusement, de nos jours ce n’est plus aussi simpliste que cela, même dans le cas où le produit/service offert est ce qu’il faut absolument pour un quelconque individu. Une question fondamentale à considérer désormais est de savoir par quelle mécanisme de pensée un utilisateur potentiel parvient à prendre sa décision finale d’achat. Et comme pour ne pas faciliter la tâche au créateur du produit/service ce mécanisme peut être très différent d’un produit/service à un autre et même d’un groupe de clients potentiels à un autre. Un exemple assez atypique est celui d’un service de gestion de mot passe que la plupart des utilisateurs potentiels refusaient même d’utiliser pendant qu’il était offert gratuitement. Curieusement, dès l’instant où le service a été facturé, le nombre d’utilisateurs qui l’adoptaient commençaient à croître de sorte à assurer le succès de ce service. Le cas qui vient d’être évoqué est celui de la compagnie Dashlane qui a dû passer du gratuit au freemium pour s’assurer la réussite. Dans le cas de Airbnb le modèle de revenu y était également pour quelque chose. Au lieu de tout facturer au compte du visiteur car c’est le consommateur final, la compagnie a plutôt opté pour partager les frais entre les parties et s’est assuré d’en donner une explication bien détaillée: le visiteur paie le montant d’hébergement et l’hôte paie les frais de transactions. En plus de cela, un séjour plus long ne va pas forcément occasionner plus de frais mais entraînera des économies substantiels du fait du tarif journalier qui diminue. Nous précisons donc que c’est un avantage relatif quotidien. Des exemples de modèles de revenus aussi astucieuses, il y en a eu beaucoup plus que les deux cas cités. Ce qu’il faut garder à l’esprit est que l’adoption d’un produit/service ne se fera pas par le simple fait qu’il règle un problème réel et qu’il est bien présenté. Il faut prendre le temps dans de nombreux cas de penser au fameux mécanisme de pensée qui amènera définitivement votre utilisateur potentiel à mettre la main dans la poche. Mais, après que nos ayons gagné du terrain, allons nous nous arrêter là?

Quarto: Établir une relation de confiance. Cela semble aller de soi que la confiance est primordial pour des relations durables. Mais, si vous croyez aux nombreuses recettes miracles déployées par de nombreux spécialistes en matière de fidélisation et de rétention de la clientèle, il se pourrait que vous soyez complètement dans le champ; surtout lorsque surviennent certains cas qui sortent de l’ordinaire. Quand il m’arrive de raconter l’histoire de Airbnb à qui veut bien l’entendre, un épisode me vient toujours à l’esprit. Tsagliotis n’a absolument pas manqué de le mentionner dans son livre qui est au cœur de cet article. Airbnb faisait face à une situation jusque là jamais imaginée en terme de plainte, tellement on est optimiste des fois qu’on n’imagine pas le pire. La maison d’une hôte a été complètement saccagée par les visiteurs à qui elle a laissé la jouissance de sa résidence pendant son absence. Naturellement, elle s’est plainte à qui veut l’entendre. Airbnb se trouvait dans ce que l’on appelle une gestion de crise. Littéralement. Les jeunes fondateurs qui avoueront plus tard ne pas être préparés jadis à régler une situation d’une telle ampleur, ont eu l’idée d’adresser un message à leur communauté. Dans ce message, ils faisaient leur mea culpa et promettaient un certain montant à titre d’assurances dédommagement à tout hôte qui expérimenterait une mésaventure. Ils ont reçu par la suite la visite de l’un des investisseurs précoces de la compagnie, Marc Andreessen. Je vous laisse plutôt lire leur propre témoignage en copier-coller ci-dessous:

« C’ était un cauchemar sur le plan des relations publiques. Nous étions dix ans un trois-pièces et nous n’avions aucune idée de comment diriger une entreprise valant 1 milliard de dollars. Marc est venu au bureau à minuit et a lu la lettre que j’avais envoyée à notre communauté concernant la Garantie Airbnb. Il fait deux choix qui ont définitivement bouleversé l’entreprise. J’avais annoncé que nous allions offrir une garantie de cinq mille dollars pour les dégâts matériels, et il ajouta un zéro, ce qui paraissait fou », confie le CEO d’ Airbnb dans un entretien avec le New Yorker.

Comme on peut le constater à travers l’ampleur de la popularité de la communauté Airbnb d’aujourd’hui, Marc Andreessen n’était pas fou d’ajouter ce fameux zéro. Il avait mesuré pleinement et en toute lucidité l’envergure de la situation et savait très certainement qu’il ne s’agissait pas d’argent mais d’un actif bien plus précieux: la confiance. Ne lésinez pas d’un iota avec les valeurs fondamentales que vous voulez inspirez à vos clients. Certains des entrepreneurs cités dans le livre de Tsagliotis sur les startups à succès s’occupaient personnellement du service après vente. Ne me dites surtout pas que c’était purement par passion. Je parle de Craig Newark, fondateur et CEO de Craigslist. Vous vous rendez compte!? Ce n’est pas une petite structure. Ceci étant, la confiance est primordiale si au-delà du business pour du business, nous aspirons véritablement à bâtir une entreprise, un nom, une marque ou une réputation.

Conseil numéro 3: Croître comme Uber.

Encore un candidat qui ne fait pas forcément l’unanimité en terme de sympathie dans le cœur de la communauté mais qui a bien le mérite de savoir ne pas lâcher l’affaire. C’est un tenace, un coriace, un dur de dur. Dans le livre S’inspirer des start-up à succès d’ Adrien Tsagliotis, on apprend qu’en décembre 2017, sept ans après avoir envoyé un mail d’invitation à investir dans Uber à une poignée d’autres investisseurs qui n’ont pas répondu à l’appel, Nivi Babak et Naval Ravikant, capital risqueurs ayant investi dans la compagnie à ses tous débuts, postent un tweet mentionnant que le titre d’Uber offre un retour sur investissement de 3600 fois. De quoi faire palir tout ceux qui n’ont pas répondu à l’appel ou qui n’ont tout simplement pas ouvert leur mail. Paradoxalement, Uber a rencontré plus d’obstacles qu’on ne peut l’imaginer. Ils étaient aussi nombreux que variés, venant de presque toutes les instances possibles: les concurrents, les gouvernements, les employés à l’interne, etc. Ceci n’est pas pour dire qu’en aucun cas Uber ne portait sa part de responsabilité. Mais ce qui était clair, c’est qu’ Uber a tout donné. Comme le dirait les adeptes de certains sports, Uber a mouillé le maillot. Aucune réserve, aucun ménagement. Uber a fait ce que j’appelle personnellement du « step-focus-step« . Peu importe l’obstacle la compagnie faisaient des pas en avant et s’assurait d’aller dans la direction qu’elle s’est promise d’aller.

Tsagliotis a pris le soin de structurer le processus de croissance d’ Uber en trois axes. la première est relative à la vision. Hum… Cette fameuse vision dont on nous parle dans tous les articles liés à l’entrepreneuriat. Je crois que personnellement, ça m’a pris du temps pour cerner cette notion. Il fallait surtout distinguer la vision de la mission, des objectifs et aussi du but. À l’école, on s’en sortait bien quand on mémorisait des définitions toute faites que, par la suite, on prenait le soin de cracher ou de vomir sur la feuille d’évaluation en s’assurant qu’aucune goutte ne déborde de l’aire d’écriture. Désolé si cette image vous écœure. Je ferai plus attention la prochaine. Mais restez encore avec moi 😉. Tsagliotis, pour sa part, est encore plus précis car il dit très exactement « Fédérer autour d’une vision« . Qu’entend-t-il par là? La vision, simplement parlant est l’état dans lequel vous souhaitez vous retrouvez dans un horizon temporel fixé. Exemple: Je pèse 100 kilos. Dans six mois je veux peser 95 kilos. Ceci étant, lorsqu’il s’agit de fédérer autour d’une mission, c’est de mobiliser, rassembler, réunir toutes ses troupes ou toutes ses ressources pour que leur seul mission soit d’atteindre l’état future décrite dans la vision. Dans notre exemple, il va falloir que notre hygiène de vie au complet soit définie de telle sorte que notre corps pèse 95 kilos dans six mois. Qui dit hygiène de vie dit alimentation, mais pas seulement: exercice quotidien, sommeil, etc. Exemple: si vous faites de l’exercice et que vous mangez tout ce qu’on vous met dans votre plat et que vous ne dormez pas suffisamment, c’est le cas typique d’avoir manqué de fédérer autour de sa vision. Dans le cas d’une entreprise, pensez à toutes les ressources impliquées dans votre exercice de passer dans un état actuel identifié à un état futur défini. Le déploiement de toutes ces ressources doit irrémédiablement concourir à matérialiser l’état défini par la vision. Selon Tsagliotis: « Si définir un cap (état futur définit par la vision) clair permet à une entreprise de ne pas se disperser et donc de mieux l’aiguiller dans ses futurs choix de diversification, c’est également un excellent moyen de motiver et de fédérer ses équipes autour d’objectifs communs». Vous avez probablement déjà entendu ou lu  » failure is not an option « , soit  » l’échec n’est pas une option « . La même règle s’applique au fait de ne pas se définir une vision préalable, avant de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Comme Tsagliotis le mentionne dans son livre sur les start-up à succès, « Commettre une erreur de jugement dans la définition de sa vocation et de son cœur de métier peut s’avérer fatal ». Alors si vous êtes parmi les chanceux à ne pas encore s’être lancé bien que vous le prévoyiez, prenez bien note. Commencez par le commencement: votre vision. Ce qu’il est encore intéressant de remarquer concernant le rôle de la vision d’entreprise dans l’ascension fulgurante d’UBer, c’est que même lorsque l’entreprise se diversifie, elle garde à l’esprit sa vision, de sorte à s’assurer la meilleure agilité possible. Uber s’est tellement diversifié. En plus de mettre en relations des particuliers (chauffeurs et voyageurs), Uber s’est taillé une belle place dans le service livraison de repas (aucune acquisition de voitures n’a été faite à cet effet), Uber a créé Uber Freight pour la livraison de marchandises de toutes sortes en mettant en relation des camionneurs et des entrepreneurs qui souhaitent livrer ou se faire livrer des cargaisons de marchandises. La liste des domaines de diversification d’Uber est bien plus exhaustive. Mais, ce qui précède est amplement suffisant pour cerner le lien entre une croissance optimale et une définition rigoureuse et claire de sa vision d’entreprise. On voit clairement qu’ Uber se concentre sur le fait de connecter quelqu’un qui a besoin d’un service de transport avec quelqu’un qui souhaite en délivrer. Le reste, c’est du superflu. Évitez ce superflu.

Le prochain sujet en lien avec la croissance d’Uber est un sujet qui concerne beaucoup plus des entreprises disruptives. Toutefois, n’importe quelle entreprise peut s’en inspirer du moment où, d’une manière ou d’une autre on est appelé à « dealer avec » des contraintes légales. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales pour laquelle je présentais Uber comme une entreprise qui a « mouillé le maillot ». Les «Regulatory Hacks», vous connaissez? Pour aborder cette question, Tsagliotis nous parle de Chris Dixon, entrepreneur et investisseur Internet américain. Pour lui (mais pas exclusivement), certaines lois existent dans le but de protéger des monopoles privés. Permettez-moi de partager avec vous une de ses déclarations pertinentes sur les «Regulatory Hacks» dans le livre de Tsagliotis.

Parfois, ce sont les start-up qui changent les réglémentations. Elles n’ont pas les ressources pour changer ces réglémentations à travers le lobbying. Elles doivent donc d’abord opérer par des Regulatory Hacks : des essais en coulisse qui vont démontrer les avantages de leurs idées. Avec un peu de chance, les législateurs sont ensuite forcés de suivre le mouvement.

Pour plus de détails, je vous invite vivement à faire des recherches pour découvrir avec quel acharnement, dévotion, passion, imagination et créativité des entreprises comme Uber et Airbnb se sont battu contre vents et marrées pour obtenir gain de cause. Et pour cela, il faut absolument comprendre et croire en ce que l’on fait. C’est mon opinion 🙂.

Pour finir, Uber n’aurait pas accompli autant si l’entreprise ne s’était pas entouré des bonnes personnes, au bon moment, au bon poste. L’importance du recrutement est donc le dernier point abordé par Tsagliotis dans son livre S’inspirer des start-up à succès que j’ai personnellement trouvé plus qu’inspirant. Sur ce point, je ne sais pas ce que vous pensez personnellement des spécialistes des Ressources Humaines, mais personnellement, il me semble que c’est un domaine qui, bien qu’ayant sa place, doit se réinventer. Il y en a qui font du travail remarquable et même impressionnant. Mais je peux vous dire que ce ne sont ceux qui courent les rues. Vous comprendrez mieux si vous appreniez de quelles manières inusitées certains talents, sinon certaines virtuoses ont été recrutés pour ensuite contribuer à faire passer l’entreprise à un niveau insoupçonné. C’est le cas d’Elle Luna artiste et designer. Elle a travaillé pour Medium, Mailbox et Uber et sa réputation à la Sillicon Valley n’est plus à faire. ( Voir l’article Elle Luna: An Artist at Best or Designer at Worst? de Corey Breier paru sur le site https://artplusmarketing.com/ en août 2015.) Je la laisse vous raconter sa rencontre avec Travis Kalanick, co-fondateur et ancien CEO de Uber dans un extrait du livre de Tsagliotis. La rencontre se déroule au cours d’une soirée suivant la cérémonie des Crunchies awards.

J’en étais déjà à mon troisième whisky quand je suis allée le (Travis Kalanick) voir et je lui ai dit: « J’utilise tout le temps Uber mais je déteste vraiment l’appli. Vous devriez m’embaucher pour l’améliorer ». Il m’a répondu: « Ah oui? Et quelles seraient les trois choses que vous pourriez perfectionner? » « Je redessinerais le logo, je reverrais l’ensemble de l’appli et je changerais le système de notation. » J’imagine que le fait d’être en robe m’a donné le courage de lui parler aussi franchement (rires). Et savez-vous ce qu’il a répondu?  » Rendez-vous au bureau d’Uber à 9 heures lundi. » Je lui ai dit que je ne pourrai pas faire tout cela toute seule, ce à quoi il m’a répondu que je disposerai d’une équipe.

Cela n’est qu’un simple exemple pour vous dire combien à la fois le recrutement est important mais dans le même temps pas forcément une affaire d’un département formel et établi de RH.

Nous voici à la fin du « must-read » d’ Adrien Tsagliotis que je suggère fortement à toute personne qui veut bâtir une start-up à succès. Comme l’a dit Denzel Washington dans l’un de ses discours, il faut de la détermination pour commencer, mais encore de la discipline pour continuer et aller jusqu’au bout. Ne lésiner sur les moyens et sur votre imagination lorsqu’il sera question de créer votre entreprise, exécuter les opérations requises pour lui assurer la croissance et l’accomplissement souhaités. Les exemples des start-up citées dans cet article nous montrent que bien qu’il y ait des principes, il n’y a pas de règle figée ni dans le temps ni dans l’espace. Durant l’exaltant parcours de la création d’une entreprise il faut savoir quand faire preuve de rigidité et quand faire preuve de folie pour tenir en échec des règles établies. Je vous laisse sur la belle pensée d’Albert Einstein:

L’imagination est plus importante que la connaissance.

  2 réflexions sur “S’inspirer des start-up à succès

  1. Simplice Gaou
    29 mai 2020 à 3 h 49 min

    Excellent article ! On découvre ou redécouvre d’excellents facteurs de succès pour toute entreprise. Merci

    J'aime

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